J’aurais
dû reprendre un rythme de vie dit « normal » entre travail et maison.
Lundi. Et les angoisses me sont retombées dessus comme si je n’avais pas de
traitement pour les conjurer. J’ai recommencé à mal dormir depuis Jeudi
dernier.
Le
week-end ayant réussi à faire quelques activités qui me plaisaient, je me suis
sentie mieux.
Lundi
matin après un réveil plutôt de bonne humeur et un petit-déjeuner comme je les
aime, je me suis retrouvée soudain à tourner en rond sous l’emprise d’une
énorme contrariété : et maintenant, je le sais, c’est le premier stade de
l’anxiété avant que peu à peu ne débarque la grosse crise d’angoisse.
Impossible de sortir. Journée boulot annulée, il m’a fallu plusieurs heures
pour retrouver mon calme et un certain apaisement.
Hier,
la journée a débuté comme lundi, plutôt bien ; j’ai même réussi à sortir
et à prendre le bus. Mais je suis descendue à mi-chemin, incapable de prendre
la décision d’aller jusqu’au bout tant l’angoisse montait ; et j’ai
atterri dans un bistrot devant un café, perplexe, malheureuse, puis je suis
rentrée chez moi.
Ce
matin, la crise d’angoisse a commencé dès mon réveil car je savais qu’il y
aurait une réunion de service et je n’avais aucune envie de rencontrer
certaines personnes que je ne supporte pas.
http://www.politique-actu.com/files/1688-crise-humour-3,bWF4LTY1NXgw.jpg
Il
faut dire que depuis 3 ans et surtout depuis les 6 derniers mois tout
l’entourage est modifié.
Travaillant
depuis plus de 30 ans dans un même service, j’ai vu depuis une dizaine d’années
partir à la retraite celles qui avaient été des amies et pas seulement des
collègues.
J’ai
réussi après à trouver de nouvelles recrues avec lesquelles j’avais beaucoup
d’affinités … qui sont toutes parties parce qu’elles finissaient par trouver un
meilleur travail, plus sûr, mieux payé, ce qui est déterminant quand on cherche
à construire son avenir, fonder une famille etc (car les contrats à durée
déterminée de l’inserm c’est de la merde !)
Depuis
ces derniers départs, je m’ennuie de la présence de personnes dont je pourrais
me sentir proche. Et depuis certaines arrivées liées à des regroupements, je me
sens constamment excédée. Aller travailler devient chaque jour une corvée de
plus en plus insupportable. Pourtant, j’aime mon travail. Malheureusement son
cadre actuel ne me convient plus. Entre l’une, qui a le pouvoir de me faire
changer de tête avant d’avoir ouvert la bouche (je suis très expressive tout se
lit sur mon visage et personne ne peut ne pas remarquer qu’elle m’agace au plus
profond de moi-même), une autre dont le côté cheftaine des scouts me fatigue au
plus haut point, d’autres qui ne se mêlent de rien, d’autres qui ne pensent
qu’à eux, il reste finalement peu de personnes auxquelles je puisse parler
vraiment.
Je
trouve mon attitude irrationnelle et ça me rend encore plus malade ! Je devrais
être capable de supporter quelques heures au moins un paysage et un entourage
déplaisants.
Ce
soir, je me sens lamentable, car je ne sais pas encore comment je vais pouvoir
affronter la journée de demain ! Ma présence serait utile, car en raison
du futur déménagement une réunion est organisée pour l’attribution des nouveaux
bureaux, et là j'aurais mon mot à dire, le rôle de chacun (moi je ne veux plus de rôle, j’ai déjà donné en
2007 lors du dernier déménagement et franchement les bouquets de fleurs que la
secrétaire et moi avions reçus en remerciement, j’avais presque trouvé ça
mesquin !). Mais je sais vraiment en fonction des plans (bâtiment tout neuf,
étage pas encore terminé), là où je ne veux pas atterrir : les bureaux qui
donnent sur d’autres bureaux par exemple avec petite fenêtre et trop de monde
prévu dedans (des bureaux prévus pour 4 ou 6 … pouaaarrrrkk !). Comme tout
le monde je voudrais un bureau avec vue (j’accepterais de partager à mi-temps avec quelqu’un que j’apprécie !).
De toute façon je ne suis pas un cadeau, quand je ne suis pas seule dans un
bureau je parle tout haut à mon ordinateur pour arriver à me concentrer !
Mais
demain à cette réunion il y aura certes ceux que j’apprécie (2 ou 3), ceux qui
ne me font ni chaud ni froid (4 ou 8) et ceux que je ne supporte (3 ou 4). Et
je sais que même sans moi, cette réunion pourra être houleuse !
Comment
me préparer à ça sans craindre de péter un câble ou de partir en pleurant et en
courant. Mon bifteck, je suis censée le défendre non ? … du mieux possible
dans le calme et avec les bons arguments. Et franchement là … je ne me sens pas
prête pour ça !
Si
je pouvais passer outre cette fragilité émotionnelle, combien la qualité de ma
vie serait meilleure !